Prophètes en son peï
Mais comment est-ce possible ? Jésus lui-même reprend ce proverbe :
« Nul n’est prophète en son pays » (cf. Lc 4,24 ; Mt 13,57 ; Mc 6,4).
Qu’est-ce donc qu’un prophète pour être si souvent méprisé chez lui ?
Le prophète est un porte-parole : il reçoit un message qui ne vient pas de lui et qu’il a mission de transmettre. Il ne partage pas simplement ses propres opinions ; il renvoie à quelqu’un d’autre, plus grand que lui, dont il « n’est même pas digne de dénouer la courroie de la sandale » (cf. Mc 1,7).
L’Enseignement catholique, œuvre d’Église, porte dans son institution même l’Évangile, cette Bonne Nouvelle : le Christ est ressuscité. Tout ce qui s’y vit — les cours, les projets, les relations, les activités — est appelé à être orienté vers cette espérance et cette joie de la vie éternelle.
Dans un monde qui doute et vacille, nos établissements ont la responsabilité de porter une parole d’espérance. De dire et redire que l’être humain est appelé à plus que les seules joies, souvent éphémères, de ce monde ; qu’il ne s’accomplit ni par la puissance ni par la technique, mais dans la relation à l’autre — et d’abord dans la relation à Dieu.
Les prophètes d’Israël ont toujours pris le parti des plus fragiles, des pauvres et des opprimés, au nom de la justice divine. Aujourd’hui encore, l’oppression prend de multiples visages. Elle ne touche pas seulement ceux qui manquent matériellement de tout. Nos écoles doivent être des lieux sûrs, où chacun peut grandir à l’abri de toute forme de violence, de mépris ou d’exclusion.
Le monde a toujours eu besoin de prophètes pour lui rappeler de lever les yeux vers Celui qui peut tout, et pour ne pas s’enfermer dans de fausses certitudes ou dans le désespoir.
Aujourd’hui plus que jamais, notre monde a besoin de prophètes.
Soyons ceux de nout’ peï.